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Un casque a sauvé la vie de mon fils

Hier, mon fils a échappé à la mort grâce à un simple casque de vélo. Je n'avais jamais auparavant ressenti le besoin d'écrire une lettre comme celle-ci; néanmoins, après l'expérience que j'ai vécue hier, je sens que je n'ai d'autre choix que de le faire.

J'ai parlé à mon fils, Nikolas, sur le chemin de la maison hier après-midi vers 16 h 15. Nous avons eu une conversation courte mais agréable au sujet de sa journée, ainsi que de ses plans pour son quart de travail du soir. Après quelques achats au centre commercial, je suis arrivée à la maison un peu avant 17 h. À 17 h pile, Janet Chapman, du Club Garçons et Filles, m'a appelée pour m'annoncer que mon fils se trouvait dans une ambulance se dirigeant vers l'hôpital Stollery, en ville. Je suis certaine que ce genre de nouvelle est le pire cauchemar imaginable pour n'importe quel parent. C'est incroyable comme 45 petites minutes peuvent changer une vie pour toujours.

Nikolas, sur le chemin du travail, avait décidé de faire un arrêt rapide au planchodrome pour y « débarrasser la table ». Cette manœuvre consiste à sauter par-dessus une petite base installée en haut d'une rampe. Sa roue arrière s'est coincée sur le bord de la base, propulsant l'arrière de son vélo vers l'avant. C'est ainsi que Nikolas est tombé la tête la première d'une hauteur d'environ 1,5 m sur le ciment. Il s'est évanoui et son nez s'est mis à saigner. Malgré ses nombreuses coupures et égratignures au visage, son casque a protégé sa tête en absorbant le plus gros du choc. Signalons au passage qu'en plus de porter son casque, il l'avait attaché adéquatement sous le menton. Un garçon, témoin de la scène, s'est précipité à la piscine pour y composer le 9-1-1. Je ne pourrai jamais assez remercier ce jeune homme, qui n'a pas hésité à s'impliquer et à réagir immédiatement. Je ne le connais pas beaucoup, mais on m'a dit qu'il s'appelait Cody. Merci, Cody. Tu es un véritable héros.

Une fois arrivée au planchodrome, j'ai rencontré un autre membre du personnel du Club Garçons et Filles, Stephanie Ragan, qui connaît bien mes enfants. Bien que visiblement bouleversée, elle était là pour offrir son aide. J'ai appris, depuis, que de nombreux autres membres du personnel étaient également sur place et veillaient à ce que tous reçoivent l'attention dont ils avaient besoin, entre autres en ramenant mes deux autres enfants au club pour les réconforter jusqu'à ce que l'on vienne les chercher. J'ai toujours su que les membres du personnel du Club Garçons et Filles étaient attentionnés, et qu'ils s'impliquaient personnellement auprès de tous les enfants qui fréquentent le club. Il ne s'agit pas que d'un simple travail pour eux; ils l'ont d'ailleurs bien démontré hier. Ce sont, eux aussi, des héros que l'on doit reconnaître. Travaillant tout près du planchodrome, ils sont plus souvent qu'à leur tour témoins d'accidents. Ils voient fréquemment des enfants qui ne portent aucun casque, ou encore des casques mal attachés.

Avant que je ne parvienne à l'ambulance, un ambulancier m'a arrêtée pour me préparer à ce que j'allais voir. Aucun parent n'est jamais prêt à voir ce que j'ai vu. Mon fils, attaché à une planche, portait un collier cervical maintenu en place par des blocs en mousse. Du sang s'écoulait de son nez, ainsi que d'une coupure à l'œil. Aussitôt qu'il m'a vue, il m'a tendu la main et, en pleurant à chaudes larmes, il m'a demandé s'il allait mourir. Il ne savait pas quel jour on était, ni comment l'accident était survenu. Il posait sans cesse les mêmes questions (une réaction répandue chez les victimes de traumatismes crâniens, avons-nous appris par la suite), ce qui me brisait le cœur. En route vers l'hôpital, on a dû le retourner sur le côté pour éviter qu'il ne s'étouffe, car il était atteint de nausées. Voir mon fils ainsi suspendu à sa planche, suffoquant et s'étouffant, m'était presque insupportable. Je ne m'étais jamais, de toute ma vie, sentie aussi impuissante. J'étais terrifiée de voir la peur dans ses yeux et d'être incapable de faire quoi que ce soit.

Quelques minutes plus tard, nous sommes arrivés à l'hôpital. Le personnel de l'hôpital nous a accueillis de manière exceptionnelle. On a acheminé Nikolas d'urgence vers le service de traumatologie, où une douzaine de personnes l'ont examiné, lui ont posé des questions et l'ont tâté. Des radiographies ont également été prises. Après le tomodensitogramme, nous avons attendu les résultats. Nikolas était toujours attaché à sa planche. Je ne pouvais m'empêcher de penser aux milliers de parents qui avaient déjà vécu la même situation que moi, ainsi qu'aux milliers d'autres qui la vivraient aussi un jour. Au bout d'interminables minutes, le médecin nous a enfin annoncé que les examens n'avaient détecté aucune anomalie. Nous avons eu de la chance : aucune fracture, aucune hémorragie cérébrale. Nous étions si soulagés. Mon fils, bien que secoué, couvert d'ecchymoses et souffrant d'une commotion modérée, respirait, était conscient et allait rester en vie pour me donner la frousse de nombreuses fois encore. Encore une fois, mes pensées allaient vers les milliers de parents qui avaient reçu un verdict beaucoup moins rassurant. Je ne pouvais m'imaginer passer ma vie à aider Nikolas à sortir du lit et à s'habiller tous les matins. Je ne pouvais imaginer mon fils perdre sa dignité, réduit à compter sur sa mère pour prendre son bain et aller aux toilettes. Je ne pouvais l'imaginer non plus perdre son sens de l'humour et son charme à la suite d'une lésion cérébrale. Je suis pleine de compassion envers les familles qui doivent faire face à ces réalités tous les jours, alors que bon nombre de ces accidents auraient pu être évités par le simple port d'un casque.

Les ambulanciers qui ont pris soin de Nikolas nous ont traités, lui et moi, de manière fantastique. Ces gens aussi sont des héros méconnus. Il suffit de les voir en action pour se rendre compte de leur grande valeur. Ils ont une incroyable capacité à évaluer les problèmes tout en gardant le patient (et ses parents) calmes et bien informés; tout au long de cette épreuve, ils ont su tenir Nikolas éveillé et alerte. Ce n'est pas une tâche facile. Je n'ai malheureusement pu retenir tous les noms, mais je sais que Corrine nous a aidés à demeurer calmes durant tout le trajet vers l'hôpital. Elle a fait parler Nikolas en lui posant des questions. Elle l'a taquiné lorsqu'il oubliait son nom. Les ambulanciers ne se sont pas seulement contentés de s'occuper de nous dans l'ambulance. Ils sont restés avec nous pendant tous les examens, et n'ont repris la route de Fort Saskatchewan qu'une fois les radiographies et les balayages effectués; ils se demandaient fort probablement si Nikolas deviendrait comme de si nombreux autres jeunes victimes de traumatismes crâniens.

Nous avons eu de la chance. Trois points de suture plus tard, on nous laissait rentrer à la maison. Ses points de suture, ses égratignures, sa dent cassée et ses ecchymoses finiront tous par guérir. Je me sens vraiment bénie des dieux. Mon fils a été épargné. Sur le chemin du retour, Nikolas s'est excusé de m'avoir effrayée et m'a dit qu'il ne retournerait plus au planchodrome. Je ne pouvais retenir mes émotions plus longtemps. Je me suis mise à pleurer, et lui ai répondu que j'aimais le voir mordre dans la vie à pleines dents et que je ne voulais pas qu'il cesse de le faire, mais aussi que je ne voulais jamais revivre une expérience pareille! Ses deux frères cadets avaient dû attendre son retour. Ils avaient vu, désespérés, les ambulanciers emmener leur grand frère, sans même savoir s'ils le reverraient un jour. Cette épreuve nous a tous touchés; c'est notre famille entière qui a accusé le choc. Nos amis en ont également souffert, en attente de nos nouvelles. Heureusement, nous avions de bonnes nouvelles à leur annoncer. Je suis également heureuse de n'avoir jamais laissé le choix à mes enfants en ce qui concerne le port du casque de vélo. Pas de casque, pas de vélo. Il est arrivé que cette règle ne plaise pas à mes enfants; en revanche, c'est un peu grâce à mon insistance que mon fils a eu la vie sauve hier.

Aujourd'hui, Nikolas avait besoin de me savoir proche. Il m'a serrée dans ses bras plus souvent aujourd'hui qu'au cours de la semaine complète qui vient de s'écouler. Cet accident l'a-t-il affecté? Bien entendu! Il n'y a aucun doute sur cette question. Bien qu'endolori, il est très reconnaissant envers toutes les personnes qui se sont souciées de son bien-être. Puisque nous comptons parmi les familles chanceuses, nous avons pu rendre visite à Corrine, l'une des ambulancières. Nous l'avons remerciée, ainsi que ses collègues, de leur aide. Les larmes aux yeux et soulagée, Corrine a serré mon fils dans ses bras. Elle est trop souvent témoin d'histoires qui se terminent mal. C'est en l'écoutant décrire ses inquiétudes pour tous les jeunes qui ne portent pas de casque au planchodrome que j'ai eu l'idée d'écrire cette lettre. Si mon histoire peut convaincre un seul parent d'insister sur le port du casque ou un seul enfant de bien attacher sa courroie, j'aurai accompli ma mission. Espérons tous que nos enfants puissent profiter de la vie, le sourire aux lèvres, et que personne n'ait à subir une fin malheureuse.

Kelly Ganter

(Reproduit avec l'autorisation de Kidsafe Alberta, Alberta Health Services)

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Publié: lun., juil. 4, 2011